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Louis Martin (médecin)

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Louis Martin
Portrait de Louis Martin
Biographie
Naissance
Le Puy-en-Velay
Décès
15e arrondissement de Paris
Nationalité Française
Enfants René Martin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession MédecinVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions Grand-croix de la Légion d'honneur‎Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de Académie des sciences et Académie nationale de médecineVoir et modifier les données sur Wikidata

Louis Martin (né le au Puy-en-Velay, Haute-Loire, et mort le à Paris) est un médecin biologiste et directeur d'hôpital français connu pour ses recherches sur la diphtérie, la sérothérapie et la prophylaxie.

Né le 20 septembre 1864 au Puy-en-Velay, en Haute-Loire, Louis Martin est le fils d'Ursule Vigouroux (1842-1908), elle-même née au Puy, et d'Antoine Martin (1837-1915), architecte de la ville du Puy-en-Velay de 1864 à 1891[1].

Il est le frère de Louis Germain-Martin, ministre des finances, de Régis Martin-Binachon, industriel à Pont-Salomon, en Haute-Loire, et sénateur, ainsi que de Florentin Martin (1867-1922), architecte[2].

Louis Martin est scolarisé comme pensionnaire chez les Jésuites au Puy et poursuit ses études à Saint-Étienne où il obtient son baccalauréat[3].

Il entre à l'École de médecine de Paris en 1883 et prépare en 1890 le concours d'accès à l'Internat. Au pavillon de la diphtérie de l'hôpital des Enfants malades, il suit les techniques bactériologiques enseignées par Émile Roux pour différencier les vraies angines diphtériques des fausses[3].

En 1892, il devient interne des Hôpitaux de Paris. Il suit le cours de microbiologie à l'Institut Pasteur. Son mémoire Examen clinique de deux cents enfants entrés au pavillon de la diphtérie est publié dans les Annales de l'Institut Pasteur[3]. En 1892-1893, il est préparateur à l’Institut Pasteur dans lequel il devient chef de laboratoire en 1893[4].

En 1894, il est un des premiers bénéficiaires des bourses accordées grâce aux dons de Madame Lebaudy[5].

Il pratique avec Émile Roux les premières injections de sérum antidiphtérique. La communication en 1894 au Congrès de Budapest par Émile Roux, Louis Martin et Chaillou, démontre que le pronostic de la diphtérie est complètement modifié par l'emploi du sérum, faisant entrer dans la pratique la sérothérapie antidiphtérique[6].

C'est Louis Martin qui est chargé du service de sérothérapie antidiphtérique créé à l'Institut Pasteur. Il en est le chef adjoint de 1894 à 1909 et le directeur de 1910 à 1941. Il résout les problèmes techniques liés à la préparation régulière de centaines de milliers de doses de sérums thérapeutiques. De 1914 à 1918, le service de sérothérapie qu'il dirige peut ainsi délivrer à la France et aux Alliés la totalité des doses exigées par les services de santé militaires et civils[6].

En 1897, il soutient sa thèse de doctorat en médecine : Production de la toxine diphtérique[4].

Louis Martin est à l'origine de l'hôpital Pasteur créé en 1900 grâce, également, à un financement de Madame Lebaudy[5]. Malgré la sérothérapie, les diphtériques succombent en effet souvent de complications pulmonaires ou sont atteints par d'autres maladies comme la rougeole ou la scarlatine. L’isolement des malades est la seule réponse efficace. En 1893, Amicie Lebaudy rencontre Louis Pasteur et lui propose de financer la construction et l'entretien d’un hôpital consacré au traitement des maladies microbiennes, particulièrement la diphtérie. Les travaux de construction sont réalisés entre 1900 et 1905[7].

L'architecte est Florentin Martin, frère de Louis Martin[8]. Un premier pavillon est inauguré en 1900, un second est construit trois ans plus tard. Les pavillons sont sur deux niveaux, un rez-de-chaussée et un étage et comportent un service d’isolement de douze boxes avec lit ainsi qu'un service de convalescents de trois chambres de quatre lits chacunes. Les sœurs de la congrégation religieuse de Saint-Joseph de Cluny sont chargés des soins infirmiers[9].

De 1900 à 1909, Louis Martin est médecin résidant puis directeur de l'hôpital à partir de 1918. Il y établit la valeur du principe de l'isolement individuel pour les maladies épidémiques, y applique les premières sérothérapies antidiphtériques, montre la valeur thérapeutique de l'atoxyl et de l'émétique dans la maladie du sommeil et utilise, pour injecter ces médicaments, la voie intraveineuse essentielle dans le traitement des syphilitiques par l'arsénobenzol[6].

En 1903, dans le but d'améliorer la formation du personnel de l'Hôpital Pasteur, il se rend à Londres pour étudier les méthodes d'enseignement des nurses anglaises, considérées à l'époque comme les meilleures infirmières du monde. Il crée aussi un cours d'infirmières destiné aux sœurs de Saint-Joseph-de-Cluny[3].

Il est sous-directeur de l'Institut Pasteur de 1919 à 1933 et directeur de 1934 à 1939, année où il part en retraite. Gaston Ramon lui succède[3].

Spécialiste de la diphtérie, qu'il n'a jamais cessé d'étudier, notamment avec ses collaborateurs Loiseau, Darré, Dujarric de la Rivière, Dumas, Laffaille et les frères Gidon, il est sollicité à maintes reprises au cours de sa carrière par les pouvoirs publics pour arrêter la propagation d'épidémies diphtériques[6].

Ses travaux sur la spirochétose ictérigène, initiés en 1916 avec A. Pettit et L. Vaudremer, ont amélioré notre connaissance de cette question[10]. D'autres de ses recherches ont porté sur la maladie du sommeil, la syphilis et la tuberculose[6].

Il est auteur d'un Traité d'Hygiène hospitalière[11].

Président du Conseil supérieur d’hygiène, il est membre de la Société de biologie et fondateur de la Société de pathologie exotique.

Il meurt le 13 juin 1946 à Paris.

Distinctions

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Il est élu à l'Académie de médecine en 1919.

En 1937, il est élu membre de l'Académie des sciences où il succède à Charcot[3].

Il est grand croix de la Légion d'honneur.

Postérité

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Mis en service le 1er janvier 1935, le Pavillon Louis Martin, ou PLM, est un pavillon d’isolement et de rechange de l’Hôpital Général de Rouen construit en collaboration avec Louis Martin et baptisé de son nom.

Ce bâtiment en forme de « U » rappelle la disposition des hôpitaux conçus au XVIIe siècle pour soigner les personnes atteintes de la peste. Avec une capacité de 100 lits répartis sur deux étages, cet établissement est réservé à l’accueil des malades atteints d’affections épidémiques et transmissibles. Séparées du couloir central par des cloisons vitrées, les chambres, individuelles pour la plupart, sont conçues pour être nettoyées et désinfectées facilement. Des balcons extérieurs permettent de voir les malades par les fenêtres sans risque de contamination. Ce service de maladies infectieuses a accueilli de nombreuses victimes de la poliomyélite à partir en 1945. Il a été démoli en 1975[12].

Articles connexes

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Notes et références

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  1. « MARTIN Antoine », sur e-monumen.net (consulté le )
  2. Dictionnaire des élèves architectes de l’École des beaux-arts de Paris (1800-1968), AGORHA - Bases de données de l'Institut national d'histoire de l'art, Dictionnaire des élèves architectes de l’École des beaux-arts de Paris (1800-1968) et Institut national d'histoire de l'art, Martin, Florentin, (lire en ligne)
  3. a b c d e et f « Naissance de Louis Martin », sur Le Quotidien du Médecin (consulté le )
  4. a et b Comité des travaux historiques et scientifiques - École nationale des chartes, « CTHS - MARTIN Louis », sur cths.fr (consulté le )
  5. a et b Louis Martin, « Inauguration du buste de Madame Lebaudy - 19 juin 1926 », Annales de l'Institut Pasteur, vol. 40, no 7,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  6. a b c d et e M. Trefouël, « Louis Martin (1864-1946) », Annales de l'Institut Pasteur : journal de microbiologie, vol. 72, nos 9-10,‎ , p. 705-707 (lire en ligne)
  7. Annick Perrot et Maxime Schwartz, « Chapitre 21. L’hôpital Pasteur:Émile Roux, Louis Martin », Hors collection,‎ , p. 238–248 (lire en ligne, consulté le )
  8. François-Xavier Amprimoz et Nicole Amprimoz, Deux disciples de Pasteur originaires du Puy : les docteurs André Chantemesse, Louis Martin et leur ami le docteur Émile Roux, Le Puy-en-Velay, Les Arts Graphiques, , 60 p. (lire en ligne)
  9. M. Simonet, « Monsieur Roux, un bienfaiteur de l’humanité », Feuillets de Biologie, Société Française de Microbiologie, no 345,‎ (lire en ligne [PDF])
  10. (en) Marcel Garnier, « FRENCH WORK ON ICTERO-HÆMORRHAGIC SPIROCHÆTOSIS. », The Lancet, vol. 194, no 5025,‎ , p. 1145–1152 (ISSN 0140-6736 et 1474-547X, DOI 10.1016/S0140-6736(01)49653-X, lire en ligne, consulté le )
  11. « Traité d'hygiène. 8, Hygiène hospitalière / par le Dr Louis Martin,.. | WorldCat.org », sur search.worldcat.org (consulté le )
  12. « Les Parcours Numériques Histoire et Patrimoine © - L'ancien Pavillon Louis Martin (PLM) », sur sites.google.com (consulté le )

Liens externes

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